Simone Langlois

Construire le vide

Étude et réinterprétation du mémorial de l’incendie de la Grenfell Tower

La tragédie de l’incendie de la Grenfell Tower résonne encore dans la conscience collective britannique. L’impact de la catastrophe se traduit aussi dans le paysage londonien, où le squelette de la tour incendiée demeure, sept ans après, comme un vestige mémoriel et architectural. Un concours international a été lancé pour concevoir un mémorial, ancré dans le site et ouvert sur l’avenir. Mais l’état sanitaire de la tour, son aspect traumatique et la portée symbolique avec le souvenir des victimes qu’elle abrite, rendent sa préservation ou sa réhabilitation complexe, menant inévitablement à sa déconstruction. Comment marquer une empreinte tout en gardant un vide significatif ? Dans un contexte urbain dense et en constante évolution, l’attribution d’un espace dédié à la mémoire d’une tragédie doit s’équilibrer avec les besoins contemporains de la ville. Élaborer un lieu, non figé mais qui s’articule avec un nouveau programme, incarnant à la fois le souvenir et l’espoir. Plutôt que d’opposer commémoration et renouvellement urbain, Construire le vide imagine une frontière fluide et symbolique entre passé et futur et permet de faire dialoguer mémoire et reconstruction.

MÉMOIRE

Mémoires en ruine, écho des catastrophes

Mémoriaux de catastrophe : mémoire, résilience et symbolisme de l’espace

Directrice d'études : Caroline Soppelsa

Les tragédies urbaines façonnent les villes et s’insèrent dans un contexte où les catastrophes, de plus en plus fréquentes et médiatisées, entraînent une demande croissante de mémoriaux. Autrefois ponctuels et sculpturaux, ces espaces commémoratifs intègrent des dimensions architecturales plus vastes et immersives. De plus en plus d’architectes participent à leur conception, cherchant à traduire dans l’espace une mémoire qui dépasse la matérialité du monument.

Ces mémoriaux dédiés aux catastrophes naturelles, industrielles ou urbaines, s’ancrent souvent dans un lieu précis, en lien direct avec une communauté affectée et s’adressent aux défunts comme aux survivants. Chaque tragédie impose ainsi un processus de conception spécifique, influencé par les sensibilités individuelles et collectives, ainsi que par les enjeux politiques et sociaux liés aux événements. Les formes contemporaines tendent aussi à s’éloigner des codes traditionnels pour mieux s’inscrire dans le quotidien des usagers. En s’appuyant sur l’analyse de 26 études de cas, le mémoire examine l’architecture des mémoriaux de catastrophes, à travers leur forme, leur relation avec leur environnement social, urbain et paysager, tout en questionnant leur lien aux mémoriaux plus classiques.

FORMATION INITIALE DEM HÉRITAGES, THÉORIES ET CRÉATION

SÉLECTIONNÉE POUR LE PRIX DE LA JEUNE ARCHITECTURE DE LA VILLE DE LYON

DIRECTEUR D'ÉTUDES

Benjamin Chavardès

ÉQUIPE PÉDAGOGIQUE

Benjamin Chavardès, Julien Correia, Bastien Couturier, Philippe Dufieux, Özlem Lamontre-Berk, Alessandro Panzeri, Caroline Soppelsa.

COMPOSITION DU JURY
DE PROJET DE FIN D'ÉTUDES

Delwyn Agostini, Stéphane Barriquand, Camille Bidaud, Benjamin Chavardès, Julien Correia, Bastien Couturier, Charles Desjobert, Philippe Dufieux, John Edom, Christophe Gonnet, François Gruson, Sidonie Joly, Özlem Lamontre-Berk, Éléonore Marantz, Élodie Mas, Gilles Maury, Félix Medina, Luca Montuori, Alessandro Panzeri, Caroline Soppelsa, Léa-Catherine Szacka.