![]() Chloé AssensMémoire d’un géant de ferL’histoire d’un symbole urbain en quête d’avenir« Nous n’avons pas de cathédrales dans l’Est de Londres – les gazomètres sont nos monuments urbains. » Ces mots de Jessica Furseth résonnent avec une intensité particulière à Bethnal Green, où subsistent quatre gazomètres victoriens, vestiges d’une époque où l’énergie était produite et stockée localement. Désormais obsolètes avec l’arrivée du gaz naturel, ils ont pourtant survécu parce qu’ils occupent un terrain devenu stratégique. Aujourd’hui, sont destinés à être convertis en logements de luxe utilisant leur structure comme façade patrimoniale vendeuse. Mais cette trajectoire aurait pu être différente. Ce géant de fer, toujours debout et connecté à la ville, pourrait accueillir des usages post-carbone : stockage d’énergie, refroidissement passif, ouverture au public. En tissant patrimoine, écologie et innovation, les gazomètres cessent d’être des objets figés dans la nostalgie, voués à la destruction ou au luxe : ils redeviennent des organes vivants de la ville, un réseau urbain au service d’un avenir plus durable. MÉMOIRELe Regent’s CanalRécit cartographique d’un basculementDirecteur d'études : Julien Correia Le Regent’s Canal, creusé en 1820, fut l’un des moteurs de la révolution industrielle à Londres. Il a traversé l’âge du charbon, survécu à la désindustrialisation, sombré dans l’oubli… et il renaît aujourd’hui deux siècles plus tard. Mais ce renouveau n’est plus productif – il est spéculatif. Dans une capitale en crise du logement, il attire investisseurs, architectes, aménageurs. Il change. Ses berges aussi. Mais au profit de qui ? Pour quels usages ? Pour quelle ville ? Le Regent’s Canal explore cette histoire à travers cartes, archives, dessins. Il interroge le rôle joué par le canal dans la fabrique urbaine et celui qu’il pourrait encore jouer. Car derrière le Regent’s Canal, une question plus vaste se dessine : que faire de ces infrastructures héritées ? Les figer ? Les rentabiliser ? Les effacer ? Ou en faire des ressources pour la ville post-carbone ? Il s’agit ici d’une invitation à penser autrement. À dépasser les logiques court-termistes. Les architectes ont une responsabilité : comprendre, proposer, imaginer, en puisant dans le passé pour mieux dessiner l’avenir.
FORMATION INITIALE DEM HÉRITAGES, THÉORIES ET CRÉATION
DIRECTEUR D'ÉTUDES Benjamin Chavardès
ÉQUIPE PÉDAGOGIQUE Benjamin Chavardès, Julien Correia, Bastien Couturier, Philippe Dufieux, Özlem Lamontre-Berk, Alessandro Panzeri, Caroline Soppelsa.
COMPOSITION DU JURY Delwyn Agostini, Stéphane Barriquand, Camille Bidaud, Benjamin Chavardès, Julien Correia, Bastien Couturier, Charles Desjobert, Philippe Dufieux, John Edom, Christophe Gonnet, François Gruson, Sidonie Joly, Özlem Lamontre-Berk, Éléonore Marantz, Élodie Mas, Gilles Maury, Félix Medina, Luca Montuori, Alessandro Panzeri, Caroline Soppelsa, Léa-Catherine Szacka. |